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sept 14
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Branle bas de combat. Sortie pour AVP, bus contre voiture. Je suis dans mes bottes d’infirmier de sapeur pompier. J’étais en train de revenir d’une autre intervention et manque de pot, je suis juste à côté des lieux. Manque de pot parce qu’arriver seul et le premier sur un accident de ce genre ce n’est pas vraiment une sinécure.
Le bus a évidement explosé tout l’arrière de la voiture qui lui a coupé la route. Voiture qui a passé un « cédez le passage » sans ralentir. Pour le coup, c’est le coffre qui a été cédé… Le papy qui la conduisait est en discussion avec un témoin. Choqué psychologiquement, il ne semble présenter aucune lésion visible. Je demande au témoin de rester avec lui et d’attendre que les renforts arrivent. J’aborde le bus. Le conducteur me confirme rapidement qu’il ne roule pas au GPL. C’est déjà ça, mais de toute manière son engin n’est que très légèrement endommagé. Dans le bus, c’est la panique. On pleure, on crie. Une paroi en verre a explosé. Je demande à tous les gens qui sont déjà debout de sortir par l’arrière du bus et de se regrouper au niveau du panneau d’interdiction de stationner juste à côté. Ma première priorité n’est pas de commencer à soigner les bobos, mais de faire un tri entre ce qui est urgent ou non. Une demi douzaine de personnes sont restées après ce premier « écrémage ».
Une maman se plaint de douleurs cervicales, mais elle n’a pas subi de choc direct. Elle est avec ses deux enfants qui n’ont logiquement pas voulu la quitter. Pas de perte de connaissance, pas de paresthésies, aucun saignement et parfaitement orientée. Je lui laisse le choix de rester tranquillement assise avec sa famille ou de sortir. La femme assise en face et dans le sens de la marche a mal au crâne. Et pour cause, c’est sa tête qui a percuté une paroi vitrée qui a littéralement explosé. Elle est pâle, tachypnéique et se plaint de fourmillements dans les mains et les jambes. Pour autant il n’y a pas de plaie visible ni de saignement. Le trauma crânien n’a pas engendré de perte de connaissance. Je demande au chauffeur du bus de lui faire un maintient tête en attendant que mes collègues pompiers arrivent. La suite, c’est un couple de jeunes amoureux qui se sont retrouvés au sol sous la violence du choc. Le jeune homme se plaint du poignet, sa compagne est indemne. Je lui demande de rester assis et de maintenir son avant bras en position comme il le fait tout naturellement. Il n’y a pas de déformation, il bouge des doigts qui sont bien colorés et sensibles. Dans la foulée je décroche le téléphone pour informer rapidement la régulation de la situation. Sur ce genre d’alerte, on aime bien savoir s’il faut immédiatement déclencher un plan spécifique pour prendre en charge de nombreuses victimes. Une VL suffira pour faire un véritable tri médical. On me confirme que deux VSAV sont aussi en route.
Dans la demi heure qui a suivi, le médecin a éliminé une atteinte cervicale pour la dame qui avait percuté la vitre et mis les fourmillements sur le compte d’une hyperventilation consécutive au stress. Il a confirmé l’entorse / fracture du poignet du jeune homme et laissé la mère de famille rentrer tranquillement chez elle. Pendant ce temps, j’ai fait le tour de l’ensemble des gens qui étaient présents dans le bus pour que tout soit carré au niveau des formalités administratives. Tout le monde est noté comme vu et tout le monde a eu la possibilité de rencontrer le médecin s’il le désirait.
C’est une situation assez originale. Dans ce genre de cas, on ne cherche pas à soigner (s’il n’y a pas de détresse vitale), mais à gagner du temps pour le second rideau qui va arriver. Il ne me servait par exemple à rien d’aller chercher un collier cervical ou une attèle. Ce qui était important, c’était de faire le tour de la situation en 5 minutes à la recherche d’une urgence vitale. Ainsi, à l’arrivée des renforts, il eut été facile d’orienter chaque moyen vers la bonne personne.

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